Cinq questions à la directrice du laboratoire national de la police scientifique et technique

Publié le 17/05/2021
MAP

Casablanca - La directrice du laboratoire national de la police scientifique et technique de Casablanca, le commissaire divisionnaire, Hakima Yahya souligne dans un entretien à la MAP que ce laboratoire constitue un important édifice scientifique et un nouveau jalon qui s'ajoute aux autres initiatives menées par le Maroc pour la consécration des principes des droits de l'homme et du jugement équitable basé sur les preuves scientifiques irréfutables.



1- Quel est le rôle du laboratoire dans la lutte contre le crime?

Le développement des mécanismes d'action du laboratoire, qui s'étend sur une superficie de 8600 m2, s'inscrit dans le cadre de la stratégie globale de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) visant à moderniser tous ses établissements de manière à être au diapason des mutations et des développements du crime et de la lutte contre toutes ses formes.

2- Quels sont les mécanismes adoptés pour résoudre les crimes les plus compliqués?

Cet édifice scientifique comprend 5 plateformes techniques, outre une division dédiée à l'ADN et à l'empreinte génétique. Il a été équipé de matériel très sophistiqué, le premier du genre en Afrique en matière de vérification de l'ADN.

Les équipements technologiques du laboratoire visent l'accompagnement des développements techniques et scientifiques en matière de détection des traces du crime permettant un traitement minutieux, en peu de temps, d'échantillons d'éléments issus des scènes de crime, soit 300 échantillons en un temps ne dépassant pas 3 heures.

3- Quel rôle occupe l'expertise génétique dans la résolution des crimes?

Le laboratoire a été également équipé d'un autre mécanisme, nouvelle génération, dédié à l'expertise génétique permettant le traitement de 20 mille unités de l'ADN en une seule catégorie pour déterminer l'appartenance géographique des individus poursuivis dans des affaires criminelles et les caractéristiques de chacun (couleurs des cheveux et des yeux), outre l'identification de l'identité des victimes des catastrophes.

En outre, il a été procédé à l'acquisition d'équipements modernes de pointe pour lutter contre les crimes portant sur toute sorte de falsifications, grâce à une base de données de plus de 2000 modèles de comparaison, y compris les passeports, les visas, les devises étrangères et nationale et les pièces d'identité.

Le laboratoire adopte de nouveaux mécanismes techniques pour déterminer la nature de l'encre utilisé dans les documents falsifiés, ainsi que d'autres pour agrandir la dimension des éléments traités de plus de 300 mille fois que leur dimension réelle.

4- Comment identifier les composants organiques et non organiques des éléments objets de traitement?

Les nouveaux mécanismes adoptés permettent d'identifier en grande partie, les composants organiques et non organiques des éléments objets de traitement, à travers une série d'applications concernant 400 mille échantillons, en vue de contribuer à la lutte contre les crimes relatifs aux armes à feu et aux explosifs, au trafic de drogues, et aux produits utilisés dans les cas d'intoxication et menaçant l'environnement.

5- Est-ce que l'inauguration du nouveau siège du laboratoire va contribuer à l'amélioration de ses services?

La DGSN a adopté une dynamique renouvelée pour la modernisation et le développement de ses structures visant l'amélioration de ses services publics.

Dans cette perspective, le laboratoire est doté de grandes compétences parmi ses ressources humaines au nombre de 74 jeunes titulaires de diplômes supérieurs dans les domaines de la génétique, la physique et la chimie, ainsi que plusieurs experts et techniciens de différentes spécialités scientifiques ayant intégré récemment les rangs de la police.