Le Sahel, une région difficile à couvrir pour les journalistes

Publié le 07/05/2021
LeMonde - Sophie Douce(Ouagadougou, correspondance)


Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le Français, qui travaille notamment pour Le Point Afrique et Libération, affirme avoir été enlevé le 8 avril, à Gao, dans le nord du Mali, par le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), une branche locale d’Al-Qaida. Au Mali, la zone orange ne comprend plus qu’une bande, incluant Bamako et une partie du Sud, tandis qu’au Burkina Faso voisin elle s’est réduite à un maigre îlot au centre du pays, désormais pris en étau par les groupes armés.

« Les djihadistes ont confisqué les téléphones et saboté des antennes, on ne sait plus du tout ce qu’il se passe dans certains villages », pointe Marcel Ouaba, un reporter burkinabé, qui dit travailler « la peur au ventre » quand il doit se déplacer dans la région.

Le Monde



Derrière l’enlèvement d’Olivier Dubois, le GSIM, un groupe djihadiste affilié à Al-Qaida

Car les otages sont, depuis l’émergence du phénomène djihadiste dans la région, il y a près de vingt ans, l’un des carburants économiques et politiques des groupes armés qui relèvent de cette mouvance. Début 2003, alors que l’Algérie sort d’une décennie d’affrontements entre l’Etat et des groupes armés islamistes et que le sud du pays tente de se rouvrir au tourisme, trente-quatre ressortissants allemands, suisses, autrichiens et suédois se volatilisent dans le désert, à plus de 1 000 kilomètres d’Alger.

Ils ne seront libérés qu’à l’été, dont une partie à Gao, au Mali, après avoir été retenus dans la région de Tessalit, après le versement d’une rançon par les autorités allemandes.